Centres éducatifs fermés : « C’était ma dernière probability avant la détention »

Centres éducatifs fermés : « C’était ma dernière probability avant la détention »

Une desk de tennis de desk, un baby-foot, une console de jeux devant un écran plat, une salle de sport… il ne faut pas se fier aux apparences : les jeunes accueillis ici sont loin d’être en vacances. Ce bâtiment flambant neuf d’un millier de mètres carrés, inauguré au début du mois par le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti, est le nouveau centre éducatif fermé (CEF) de Saint-Nazaire.Les équipements de loisirs sont uniquement là pour les heures de pause ou les week-ends. Le reste du temps, Mickaël, Rémy, Youssef, Élodie et tous les autres (prénoms d’emprunt) sont en atelier ou en cours. « On sait que les CEF sont assez décriés avec ces situations d’accueil optimales, presque hôtelières, mais c’est un cadre adapté », se défend Philippe Caumartin, directeur général adjoint du Groupe SOS jeunesse. En lien avec le ministère de la Justice, la construction a lancé en 2018 un vaste projet de réinsertion pour les mineurs délinquants, déployant des CEF dans toute la France.Si la juge m’avait laissé dehors j’aurais fait pire.Le dernier centre en date à être sorti de terre, celui de Saint-Nazaire, va progressivement héberger d’ici la fin de l’année et pour une durée renouvelable de 6 mois, douze garçons et filles de 15 à 17 ans placés là par l’establishment judiciaire après leur jugement ou en attendant leur comparution. C’est le cas de Rémy, qui doit passer au tribunal pour enfants en janvier pour une série de cambriolages. « Si la juge m’avait laissé dehors j’aurais fait pire, je ne me serais peut-être pas arrêté, reconnaît le garçon de 15 ans. C’est une probability d’être ici, automotive j’aurais pu finir dans une jail pour mineurs, du coup, je n’aurais pas pu avoir autant de droits comme ici, et continuer de voir mes dad and mom. »Si la justice le permet, les dad and mom peuvent visiter leur enfant dans une aile dédiée. « Le lien est maintenu », confirme la responsable, Delphine Jagiela, par ailleurs directrice de la Safety judiciaire de la jeunesse. Sous son autorité, le personnel encadrant permet de subvenir à tous les besoins. Infirmières, psychologues, éducateurs spécialisés et même un enseignant détaché de l’Éducation nationale : l’équivalent de 26,5 temps pleins travaillent quotidiennement entre ces murs. « On est sur une prise en cost globale, on balaie l’ensemble des thématiques : santé, scolarité, projet professionnel selon l’âge, les capacités et l’ambition », précise Delphine Jagiela.À LIRE AUSSIDélinquance des mineurs : « Notre affaire à tous »Des jeunes « coupés du monde »Dès son arrivée, et pendant un mois, le pensionnaire est soumis à une évaluation complète qui détermine son suivi individualisé jusqu’au cinquième mois. Si tout se passe bien, la sortie est préparée pendant les dernières semaines et plusieurs choices sont envisagées : le retour dans sa propre famille si les situations le permettent, dans une famille d’accueil le cas échéant, voire dans un logement individuel, évidemment avec une reprise de la scolarité ou d’un cursus professionnel.Le centre a beau être une different à la détention, on y reste malgré tout strictement enfermé avec un minimal de contacts avec l’extérieur. « En fait, on les coupe du monde, tout est sous contrôle, reprend la directrice. Ils ont évidemment le droit de téléphoner, mais on vérifie les appels, on compose nous-mêmes les numéros et il y a une liste déterminée d’interlocuteurs. Le however est d’extraire le mineur de son environnement pour limiter la récidive et proposer l’different éducative. »Lutter contre la récidiveL’oisiveté étant le principal ennemi, les temps morts sont proscrits. Après un réveil à 8 heures, la journée s’enchaîne avec une participation aux tâches collectives (ménages, delicacies), les cours et les ateliers divers jusqu’au soir. Pour la procureure de la République de Saint-Nazaire, Sylvie Canovas-Lagarde, le CEF situé sur son ressort est une véritable bouée de sauvetage. « Quand le jeune est placé là, c’est qu’il était très près de la jail, et si être ici est bien sûr une contrainte pour lui, il doit transformer cette contrainte, comprendre qu’elle lui donne encore une probability. »Une faveur que salue volontiers Mickaël. À 17 ans, le jeune homme a conscience que les multiples vols qui l’ont conduit ici l’auraient immanquablement mené derrière les barreaux à sa majorité : « C’est mieux que la jail où on ne fait rien, sinon regarder la télévision ! Pour moi, c’était la dernière probability avant la détention, et ça permet de trouver une formation, un travail. »Les résultats sont prometteurs, selon Éric Dupond-Moretti, venu couper le ruban tricolore début novembre. « 75 % des mineurs sortant d’un CEF mettent en œuvre le projet professionnel qu’ils ont initié ici, et 86 % de ces jeunes ne connaissent plus le chemin de la délinquance, s’est félicité le ministre de la Justice. C’est à la fois du répressif qu’il faut assumer, et en même temps de l’éducatif, automotive il n’y a pas d’autres moyens de traiter de la délinquance des mineurs. » À ce jour, il existe 53 centres de ce style dans toute la France.

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