Affaire Lola : la chaîne C8 mise en demeure par l’Arcom

Affaire Lola : la chaîne C8 mise en demeure par l’Arcom

Le gendarme de l’audiovisuel avait été alerté par certains téléspectateurs du traitement de l’affaire par l’émission de Cyril Hanouna.

Supply AFP

Lors de son émission, Cyril Hanouna avait remis en trigger plusieurs principes fondamentaux de la justice française.
© LP/Olivier Lejeune / MAXPPP / PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

Publié le 18/11/2022 à 14h54
– Modifié le 18/11/2022 à 15h16

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La chaîne C8, du groupe Canal+, a été mise en demeure vendredi 18 novembre par l’Arcom, le régulateur des médias, notamment pour des propos tenus par Cyril Hanouna sur le meurtre de la jeune Lola en octobre. L’autorité indique avoir été « saisie à de nombreuses reprises à la suite de plusieurs séquences de l’émission Touche pas à mon poste », et que ces séquences, par « leur caractère répétitif, traduisent un manquement de l’éditeur à l’obligation de traiter avec mesure une affaire judiciaire en cours ».En trigger selon le régulateur, des propos de l’animateur vedette de C8 Cyril Hanouna qui « alors que l’instruction judiciaire relative à cette affaire était ouverte, a tenu de façon répétée des propos relatifs tant aux circumstances dans lesquelles le procès de la personne mise en examen devait se tenir et à son situation ».« Il a en particulier appelé à plusieurs reprises à des procès expéditifs et à des condamnations à perpétuité automatiques dans de tels cas », souligne l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom).À LIRE AUSSIComment tuer Lola encore et encore« Si on a toutes les preuves, c’est perpétuité, direct »L’autorité constate également « que l’animateur a pu longuement exprimer son opinion sans qu’une contradiction rapide et efficace ne lui soit opposée », contrevenant ainsi à « l’obligation de respecter l’expression des différents factors de vue à l’antenne sur un sujet prêtant à controverse ».Cyril Hanouna avait suscité la polémique fin octobre autour du meurtre de Lola, tuée à Paris le 14 octobre. Les circonstances de sa mort et le profil de la suspecte, de nationalité algérienne et sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), avaient suscité de vives critiques à droite et à l’extrême droite. « Si on a toutes les preuves, c’est perpétuité, direct. Je suis désolé. Il n’y a pas d’altération ni de non-discernement », avait déclaré le 18 octobre Cyril Hanouna sur le plateau de TPMP.« C’est le style de cas où, fou ou pas fou, elle doit être en jail. Elle ne doit pas être soignée », avait poursuivi l’animateur vedette. « Pas consciente de ses actes ? C’est une loi qui doit être révisée aussi. […] Entendre ce discours en France, j’en peux plus de ça, c’est intolerable et les lois doivent changer », avait-il conclu. Interrogé sur la prise de place de l’animateur, le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, l’avait qualifié de « négation de l’État de droit ».À LIRE AUSSICe que le meurtre de Lola révèle de nos politiques

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